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L'utopie et le récit d'anticipation en 5ème

Votre enfant va lire des extraits d'utopie ou de récit d'anticipation et s'interroger sur le monde. 

Utopie ou récit d’anticipation sont l’occasion en 5ème de s’interroger sur le monde qui est le nôtre.

Imaginer le futur est-il un moyen efficace d’interroger le présent ?

L'utopie

Le mot utopie vient du grec « ou-topos », le lieu qui n'existe pas. Tout un programme !

Ainsi Thomas Moore imagine-t-il en 1516 l’île d’Utopia, cité idéale avec un modèle social et politique qui permet aux hommes de vivre le mieux possible.

« En Utopie, au contraire où tout appartient à tous, personne ne peut manquer de rien, une fois que les greniers publics sont remplis. Car la fortune de l’État n’est jamais injustement distribuée en ce pays. L’on n’y voit ni pauvre ni mendiant et quoique personne n’ait rien à soi, cependant tout le monde est riche. Est-il en effet de plus belle richesse que de vivre joyeux et tranquille sans inquiétude ni souci ? Est-il un sort plus heureux que celui de ne pas trembler pour son existence ? ». 

Vous pouvez lire ce court extrait et en discuter avec votre enfant.

Aimeriez vous vivre en Utopie ? En quoi ce monde est-il différent du notre ?

Si vous voulez en savoir plus… 

Le récit d'anticipation

L'anticipation fait partie du genre de la science fiction qui se fonde sur les progrès de la science pour imaginer des mondes appartenant à d'autres espaces et d'autres temps. 

Jules Verne Portrait de Nadar

Ces récits sont l'occasion de réfléchir encore une fois au monde qui est le nôtre aujourd'hui ou à celui qui sera le nôtre demain. Certains auteurs du XIXème siècle ont été de véritables visionnaires, imaginant avec justesse ce que sera la société de demain.

C'est la cas par exemple de Jules Verne qui s'inspire des inventions de son siècle pour imaginer la ville de Paris en 1960.  

La comparaison entre le Paris imaginé par Jules Verne et celui du XXème siècle est tout à fait intéressante. Lisez donc cet extrait du chapitre II qui s'intitule " Aperçu général des rues de Paris" et relevez tout simplement les ressemblances et les différences avec les villes d'aujourd'hui, vous comprendrez alors mieux ce qu'est un auteur visionnaire. 

« Quatre cercles concentriques de voies ferrées formaient donc le réseau métropolitain ; ils se reliaient entre eux par des embranchements qui, sur la rive droite, suivaient les boulevards de Magenta et de Malesherbes prolongés, et sur la rive gauche, les rues de Rennes et des Fossés-Saint-Victor. On pouvait circuler d’une extrémité de Paris à l’autre avec la plus grande rapidité. Ces railways existaient depuis 1913 ; ils avaient été construits aux frais de l’Etat, suivant un système présenté au siècle dernier par l’ingénieur Joanne. (..) « Les maisons riveraines ne souffraient ni de la vapeur ni de la fumée, par cette raison bien simple qu’il n’y avait pas de locomotive. Les trains marchaient à l’aide de l’air comprimé, d’après un système William, préconisé par Jobard, célèbre ingénieur belge, qui florissait vers le milieu du dix-neuvième siècle. (...) « Ces diverses améliorations convenaient bien à ce siècle fiévreux, où la multiplicité des affaires ne laissait aucun repos et ne permettait aucun retard. Qu’eût dit un de nos ancêtres à voir ces boulevards illuminés avec un éclat comparable à celui du soleil, ces mille voitures circulant sans bruit sur le sourd bitume des rues, ces magasins riches comme des palais, d’où la lumière se répandait en blanches irradiations, ces voies de communication larges comme des places, ces places vastes comme des plaines, ces hôtels immenses dans lesquels logeaient somptueusement vingt mille voyageurs, ces viaducs si légers ; ces longues galeries élégantes, ces ponts lancés d’une rue à l’autre, et enfin ces trains éclatants qui semblaient sillonner les airs avec une fantastique rapidité. »

Jules Verne autographe

Mais le récit d'anticipation peut également montrer les limites des innovations techniques et inviter le lecteur à poser un regard critique sur le monde moderne.

Ainsi René Barjavel imagine le monde en 2053 dans un roman intitulé Ravage, publié en 1943. Mais il y présente une vision inquiétante du futur dans laquelle tous les produits naturels ont disparu au profit de productions chimiques réglementées, mais sans saveur. Il nous permet aujourd'hui de réfléchir au monde dans lequel nous vivons et à notre manière de nous nourrir. 

« Les végétaux trouvaient là, dans de l’eau additionnée des produits chimiques nécessaires, une nourriture bien plus riche et plus facile à assimiler que celle dispensée par la marâtre Nature. Des ondes et des lumières de couleurs et d’intensité calculées, des atmosphères conditionnées accélérait la croissance des plantes et permettaient d’obtenir, à l’abri des températures saisonnières, des récoltes continues, du premier janvier au trente et un décembre. » (...) La viande était « cultivée » sous la direction de chimistes spécialistes et selon les méthodes, mises au point et industrialisées, du génial précurseur Carrel, dont l’immortel coeur de poulet vivait encore au Musée de la Société protectrice des animaux.
Le produit de cette fabrication était une viande parfaite, tendre, sans tendons, ni peaux ni graisses, et d’une grande variété de goûts. Non seulement l’industrie offrait au consommateur des viandes au goût de boeuf, de veau, de chevreuil, de faisan, de pigeon, de chardonneret, d’antilope, de girafe, de pied d’éléphant, d’ours, dde chamois, de lapin, d’oie, de poulet, de lion, et de mille autres variétés servies en tranches épaisses et saignantes à souhait, mais encore des firmes spécialisées, à l’avant-garde de la gastronomie, produisaient des viandes extraordinaires qui cuites à l’eau ou grillées, sans autre addition qu’une pincée de sel, rappelaient par leur saveur et leur fumet les préparations les plus fameuses de la cuisine traditionnelle, depuis le simple boeuf miroton jusqu’au civet de lièvre à la royale. »

"Le produit de cette fabrication était une viande parfaite" Selon-vous, cette viande est-elle parfaite ? Encore une fois, la littérature ouvre le débat. 

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