Remonter

Français

La Grammaire et le vocabulaire en 5ème

Comme chaque année, les programmes recommandent d’aborder un certain nombre de points dans l’étude de la langue, afin de préciser les connaissances des élèves tout en leur donnant des outils pour la lecture et l’écriture. Les élèves travaillent ainsi la grammaire parce que c'est la boîte à outils qui leur permet d'étudier les textes. 

Vous pouvez trouvez la liste de ces éléments de grammaire en consultant le BO  (page 7) et je vous propose d’aborder quelques uns des points de grammaire qui me paraissent essentiels car étroitement liés aux textes étudiés.

La grammaire et le récit d’aventure 

La description est souvent précise, car l’aventure repose sur la découverte de lieux, d’objets, de circonstances nouvelles que le lecteur doit pouvoir imaginer, visualiser.

Comme je le dis à mes élèves, une description précise c’est un texte qui permet au lecteur de dessiner le lieu ou l’objet.

Et pour cela, la langue française utilise les expansions du nom. Le professeur étudiera donc ce point de grammaire en 5ème, en complément de ce qui aura été fait en 6ème sur les épithètes homériques, et afin de préparer le travail sur le portrait abordé en 4ème.

Les expansions du nom, viennent compléter, préciser, étirer le nom pour constituer un groupe nominal riche.

Il en existe trois catégories d'expansions du nom que les élèves auront à identifier :

Ces termes qui peuvent sembler compliqué au premier abord ont déjà été vu à l’école primaire pour le premier et en 6ème pour le second. Il ne reste donc plus, si tout va bien, qu’à découvrir et retenir le troisième.

Comme à chaque fois en grammaire, la leçon doit être apprise par cœur et la mise en pratique, systématique, par des exercices, est indispensable. 

Mais le professeur cherchera également à donner du sens à cette acquisition en montrant aux élèves qu’elle rend la lecture plus intéressante et qu’ils peuvent s’approprier ces expansions du nom pour enrichir leurs propres écrits. 

Des exemples concrets

Description d’un lieu.

Où commence-t-elle ? à quoi sert-elle ? peut-on dessiner ce paysage ?

« Ayant aperçu un petit bois, plus loin, ils y allèrent. Encaissée entre deux talus, une allée étroite s’avançait sous de grands arbres impénétrables au soleil. Une espèce de fraicheur moisie les saisit en entrant, cette humidité qui fait frissonner la peau et pénètre dans les poumons. L’herbe avait disparu, faute de jour et d’air libre ; mais une mousse cachait le sol » .  Une vie  de Guy de Maupassant

J’aime/je n’aime pas + expansions du nom (avant ou après le nom)

Petit exercice d’écriture à faire avec votre enfant. Vous faites deux colonnes et vous écrivez en haut de la première colonne « J’aime », en haut de la seconde « Je n’aime pas ». Vous dressez ensuite la liste de choses que vous aimez ou que vous n’aimez pas. Il faut cependant éviter les verbes puisque l’objectif est de mettre en pratique les expansions du nom : 

J'aime Je n'aime pas
J’aime les macarons à la framboise                   Je n’aime pas les huitres gluantes et salées
J’aime cet incroyable ciel bleu  Je n’aime pas les gens qui sont toujours en retard
J’aime que mes enfants me racontent leur journée Je n’aime pas les chaussures à talon

La grammaire et la littérature du Moyen Age

Avec la littérature du Moyen Age, c’est l’occasion de découvrir l’évolution de la langue française. 

« Artus, li boens rois de Bretaingne
La cui proesce nos enseigne
Que nos soiens preu et crotois,
Tint cort si riche come rois
A cele feste qui tant coste,
Qu’an doit clamer Pantecoste »

C’est avec ces mots que s’ouvre  Yvain, le Chevalier au lion , un des romans de chevalerie écrit par Chrétien de Troyes au XIIème siècle, en ancien français donc, mais certains mots sont tout à fait reconnaissables, soit qu’ils aient déjà leur forme moderne (rois, enseigne, riche, clamer), soit qu’ils n’aient qu’une ou deux lettres de différence (boens, crotois, come, feste).

 

Enluminure

Même si les élèves de 5ème vont lire la traduction en français moderne, ils vont pouvoir travailler sur les copies des manuscrits, pour découvrir le travail du copiste et de l’enlumineur, nous en avons déjà parlé. Mais ils vont aussi pouvoir constater que la langue française est en constante évolution et qu’au Moyen Age, l’orthographe et l’ordre des mots sont loin d’être définitivement fixés.

C’est un travail sur le lexique très productif qui permet en outre de comprendre l’origine et l’importance des règles d’orthographe si tout le monde écrit n’importe quoi, n’importe comment, on ne se comprend pas et il est difficile de laisser une trace de ce qu’on a pensé ou dit. 

La grammaire et la poésie

La grammaire est utile pour comprendre les textes, mais l’inverse est aussi valable. Et on va se servir parfois des textes pour permettre aux élèves de repérer et de comprendre certaines règles.

Les leçons de grammaire commencent ainsi souvent avec une étape d’observation ayant pour support un texte en lien avec ce qui est fait en classe.

Ainsi, un poème peut être l’occasion de réfléchir à l’utilisation de certains temps verbaux, l’occasion aussi de réviser l’identification et la formation de ces temps et de faire ce qu’on appelle tout simplement de la conjugaison

Ainsi ces quelques vers célèbres de Arthur Rimbaud permettent de rappeler la différence entre le futur et le conditionnel, différence qu’on ne perçoit pas à l’écoute à la première personne, ce qui donne lieu à de trop régulières fautes d’orthographe. Alors, écoutez ce poème et réfléchissez :

Rimbaud a-t-il mis un s à « j’irai, sentirai, laisserai, parlerai, penserai » ? Oui ? Non ? Pourquoi ?

Et bien non, parce que les verbes sont ici au futur, il s’agit d’un projet d’avenir et non d’une éventualité. Pas de s, donc, à la première personne. « Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers ». Je ferai cela, c’est certain, tu iras, il ira, nous irons, vous irez, ils iront.

On peut désormais écrire le poème en mettant les verbes au futur. Il peut aussi être utile, lorsqu’on a un doute, d’utiliser la deuxième personne du singulier ou la première personne du pluriel, pour distinguer futur / conditionnel .

« Par les soirs bleus d’été, tu iras dans les sentiers » / « Par les soirs bleus d’été, tu irais dans les sentiers »

« Par les soirs bleus d’été, nous irons dans les sentiers » / « Par les soirs bleus d’été, nous irions dans les sentiers ».

 

Sensation

Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
Rêveur, j’en (sentir) la fraîcheur à mes pieds.
Je (laisser) le vent baigner ma tête nue.
Je ne (parler) pas, je ne (penser) rien :
Mais l’amour infini me (monter) dans l’âme,
Et j’(aller) loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, — heureux comme avec une femme.
Arthur Rimbaud - Poésies

La grammaire et le théâtre


Vous devez être inscrit sur Les Clefs de l’Ecole
pour lire l’intégralité de la fiche pédagogique.

Je m'inscris gratuitement
Je m'identifie