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Français

Etudier le théâtre en seconde

En seconde, l'étude du théâtre, c'est l'étude de la tragédie et de la comédie au 17e siècle, siècle du classicisme. 

Voilà un objet d’étude clairement défini, tant dans les genres à travailler - comédie et tragédie – que dans l’époque – le XVIIème siècle et plus précisément le classicisme

Ce degré de précision pourrait étonner, mais cette période est la référence dans l’histoire littéraire française dans la construction du texte théâtral. Corneille, Molière, Racine… trois dramaturges incontournables !

Les élèves ont eu l’occasion de croiser Molière plusieurs fois au collège, et parfois Corneille en 4ème avec Le Cid.

La tragédie racinienne est, elle, un privilège de lycéen !

Comédie VS tragédie

L’objectif est de proposer aux élèves une définition claire de chacun des deux genres, afin qu’ils puissent par la suite saisir la nature de l’évolution des pièces avec la naissance du drame romantique au XIXème siècle (Hugo, Musset) ou l’éclatement des cadres au XXXème siècle (Beckett, Ionesco).

Un passage par l’époque et les règles classiques s’avère donc nécessaire pour mesurer l’écart entre le « modèle » et les créations qui suivent.

Comédie et tragédie sont deux genres qui coexistent depuis l’Antiquité et qui ont été définis chez les Grecs par Aristotechez les Romains par Horace qui reprend l’Art poétique d’Aristote. Au XVIIème siècle Boileau théorise à nouveau les genres dans son célèbre Art poétique.

Les élèves sont invités à penser le théâtre français dans une relation de filiation avec l’Antiquité.

 

Théâtre de la Reine à Versailles

Pour appréhender la spécificité de chacun des genres, on travaille sur une œuvre intégrale et sur un groupement d’extraits. On ne peut pas découvrir tous les grands textes tragiques, il s’agit de découvrir les caractéristiques majeures des genres. On pourrait les résumer sommairement  sous forme de tableau.

  comédie tragédie
origine sociale des personnages populaire / bourgeoise noble
fin de la  pièce heureuse malheureuse
nature de l’intrigue mariage / argent passion / politique
registres  comique tragique
pathétique

Rappelons que la tragédie ne nécessite pas que tous les personnages meurent dans d’atroces souffrances à la fin de la pièce…

La catastrophe suffit – étymologiquement retournement de situation : le personnage tragique a perdu tout ce qu’il avait. OUI, dans Phèdre, presque tous les personnages périssent : la nourrice, Hippolyte, Phèdre… 

Mort de Phèdre

Phèdre par Cabanel

MAIS Bérénice, dans la tragédie du même nom, ne meurt pas; elle a perdu Titus et sa raison de vivre. Ce qui est tragique n’est plus de mourir mais de vivre sans l’être aimé.

« Ce n'est pas tout : je veux, en ce moment funeste,
Par un dernier effort couronner tout le reste.
Je vivrai, je suivrai vos ordres absolus.
Adieu, Seigneur, régnez : je ne vous verrai plus. »

                  Racine, Bérénice, V,7

 

Le tragique est lié à la faiblesse de l’homme qui ne peut vaincre une force supérieure, le destin, la fatalité, les dieux… pas uniquement à la mort !

Les élèves sont plus habitués à identifier les aspects comiques d’une scène et maîtrisent à la sortie du collège les différents ressorts comiques :

L’enjeu est en ce début de lycée de les amener à percevoir les finalités de la comédie et la naissance de la grande comédie chez Molière, la comédie en alexandrins, qui montre par l’écriture versifiée qu’elle a de plus hautes visées que la farce.

La lecture de la préface de Tartuffe l’illustre très clairement. 

Un genre peut en cacher un autre

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