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Philosophie

La morale

La notion de « morale » introduit les notions suivantes : le devoir, la liberté, le bonheur. Elle peut accompagner de manière transversale ces notions mais nous en faisons ici un traitement spécifique, car c'est une notion qui renvoie à des problèmes complexes et qui mérite un travail de conceptualisation approfondi. 

La notion de morale 

L'importance et la complexité de la morale sont à souligner, et en particulier cette « partie » de la philosophie qu'on nomme traditionnellement la « philosophie morale » 

« Au cœur de la philosophie, déjà si occupée à se définir et à s'assurer de sa propre existence, la philosophie morale apparaît comme le comble de l'insaisissable (…) la philosophie morale est en effet le premier problème de la philosophie » ( V. Jankélévitch, le Paradoxe de la morale, chapitre I ). 

Que recouvre le concept de morale ? 

On part d'une représentation communément admise de la morale : un ensemble de règles, de contraintes, d'interdits, qui nous obligent à agir de telle ou telle manière. Elle est donc souvent appréhendée comme obstacle à la liberté, et sa dimension contraignante et normative nous empêcherait d'être pleinement libre. 

Mais une telle conception de la morale ne provient-elle pas d'une confusion entre mœurs et moralité ? Entre norme et valeur ? 

En effet, un examen plus approfondi de la notion de morale nous conduit à considérer l'homme comme sujet d'une action (voir la fiche sur le sujet). Cela implique de considérer toutes les facultés qui permettent à l'homme de se constituer comme sujet moral : la conscience, la raison,  la volonté, la liberté (voir la fiche sur la liberté) qui font de moi un être capable de réfléchir à ce qu'il fait, de vouloir ce qu'il fait et de revenir sur ses actes pour en interroger les motivations profondes. 

La morale présuppose donc que nous sommes des êtres conscients, rationnels, libres et responsables ; il n'y a pas de moralité ou d'immoralité dans le règne animal dans la mesure où l'animal n'est pas le sujet de ses actions. Etre responsable, c'est répondre de ce que nous faisons, en être le garant ; cela signifie aussi se rendre digne de. 

Agir moralement, ce n'est pas seulement respecter les normes en vigueur dans une société, c'est d'abord se rendre digne de ce qui constitue notre humanité. La morale nous invite donc à considérer l'effort que fait l'homme pour se constituer comme sujet moral et s'interroger sur la manière dont il doit vivre ou agir. 

Si le problème moral est le problème central de la philosophie, comme le souligne Jankélévitch, il peut néanmoins s'exprimer de différentes manières. Nous choisissons deux formulations de la question :

« Quel genre d'homme faut-il être ? » (Platon) 

Le questionnement éthique contient une réflexion sur un certain genre de vie, que les grecs nommaient la « vie bonne »

Comment agir pour atteindre des fins bonnes ?

C'est ainsi que se pose le problème moral dans la pensée grecque, la morale étant alors renvoyée à une réflexion sur les finalités de l'action humaine, non pas au sens des fins personnelles mais des fins bonnes et des moyens d'y parvenir

« ethos » : conduite à tenir, manière de vivre.

Aristote tenant dans sa main un manuel d'Ethique

Détail de l'école d'Athènes de Raphaël où l'on voit Aristote tenant dans sa main un manuel d'Ethique

Une évaluation de la portée morale de nos actions ne peut donc se passer d'une réflexion sur le bien, en particulier le Souverain Bien qui n'est rien d'autre que le bonheur, dans la perspective d'Aristote. (voir la fiche sur le bonheur).

Le questionnement éthique est intimement lié, dans la pensée grecque, à la question de savoir comment être heureux.

Le bonheur est donc un état qui résulterait d'un certain type de conduite, caractérisé chez Aristote par la vertu, dont un des attributs est celui de la recherche du juste milieu dans toute action.

Il y a en effet dans la philosophie antique cette idée que tout excès, toute démesure peut devenir source de malheur, d'où la méfiance vis-à-vis des passions et des désirs déraisonnables. 

Ainsi, dans cette perspective, la morale renvoie à la possibilité d'évaluer rationnellement nos actions à la lumière des fins que l'homme se donne, en particulier le bonheur, fin ultime de toute existence. La possibilité d'évaluer une action comme mauvaise tiendrait au fait qu'elle nous éloigne du bonheur. 

Mais

Il semblerait donc que l'on puisse dissocier la morale et la recherche du bonheur. Cette dichotomie entre bonheur et moralité constitue un pilier de la morale kantienne. 

« Que dois-je faire » ? ( Kant ) 

Au point de départ de l'action, il n'y a pas seulement le souci d'être heureux ; il y a aussi la question de savoir au nom de quoi nous agissons ? En vertu de quels principes ? La question morale peut être formulée sous la forme du devoir (voir la fiche sur le devoir) :

La morale peut donc être définie comme un ensemble de règles de conduite et de valeur qui s'accompagnent d'une certaine représentation de ce qui est bon ou mauvais, ou d'une certaine idée de ce que nous devons faire ou pas (Kant), représentation à la lumière de laquelle nous serions capables de juger nos actions ou celles d'autrui, c'est-à-dire d'évaluer leur portée morale. 

Le problème du fondement de la morale 

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