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Philosophie

La perception

La notion de perception (propre à la série littéraire) est, il faut bien l'avouer, assez complexe à comprendre pour un élève de terminale. Idéalement, elle devrait accompagner ou suivre un cours sur la conscience; elle peut devenir plus accessible dans le cadre d'une réflexion sur l'art, et sur la manière dont l'artiste, en particulier le peintre, perçoit le monde.

La notion de perception 

Trois questions me semblent essentielles pour permettre aux élèves de mieux cerner le sens philosophique de cette notion et les problématiques qu'elle recouvre. 

Perception et sensation 

Un premier moment consiste d'abord à interroger la proximité sémantique qui existe entre le fait de sentir et le fait de percevoir. Ainsi, est-il légitime d'identifier perception et sensation ?

Ce premier moment permet de définir ce qu'est une sensation, et de poser les bases de ce que la philosophie a coutume de nommer l'expérience sensible. En s'appuyant sur des exemples concrets, on pourra montrer que la perception est un acte plus complexe que la sensation, en ce sens qu'elle opère une unification de toutes nos sensations.

Il me paraît alors pertinent d'aborder à ce moment précis de la réflexion les grandes thèses de la doctrine empiriste (voir le texte de Hume plus bas) et d'en montrer les limites. En effet, en quoi est-il problématique de ramener l'objet connu à un ensemble de qualités sensibles, comme le soutient la thèse empiriste ?

La place de l'esprit dans la perception 

Si l'objet connu est plus qu'une addition de sensations en cela qu'il constitue une unité pensable, il faut donc qu'il y ait un principe qui permette cette unification. Un second moment de la réflexion permettra aux élèves de s'interroger sur la place tenue par l'esprit (l'entendement) dans la perception.

La perception doit-elle être redéfinie comme activité intellectuelle ?

Deux textes importants (voir les textes de Descartes et Alain) me paraissent incontournables pour aider les élèves à comprendre la conception intellectualiste de la perception, sa portée et ses limites. 

La perception, une manière spécifique d'entrer en relation avec les choses 

En effet, il semble bien qu'il y ait une différence entre ce que je conçois et ce que je perçois. La perception semble donc irréductible à l'intellection ; il y aurait une originalité propre de l'acte perceptif, entre 

Un dernier moment de la réflexion tentera alors de mettre en valeur la perception dans ce qu'elle est pour elle-même, comme un acte reliant les choses telles qu'elles apparaissent à une conscience, un acte qui nous met en présence des choses appréhendées comme des formes unifiées. Percevoir, ce n'est ni seulement sentir, ni seulement connaître ou reconnaître : c'est ressentir, éprouver les choses d'une manière qui nous est propreLa perception est donc une manière spécifique pour l'homme d'entrer en relation avec les choses, un rapport vécu dont le support est le corps.

Certaines analyses remarquables, mais assez difficiles, du philosophe M.Merleau-Ponty sur la peinture de Paul Cézanne ( in l'Oeil et l'esprit ) peuvent être un moyen, si elles sont bien accompagnées en classe, de mieux cerner ce lien total qu'est la perception, en prenant appui sur le projet artistique de Cézanne : traduire dans la peinture «la profondeur du visible»

La perception en philo

A la fois contemplation et action, passivité et mouvement, connaissance des choses et désir, la perception traduit ainsi, selon l'expression de Merleau-Ponty, la manière dont l'homme « habite le monde ».

La mise en perspective de la notion 

La notion de perception peut être croisée avec de nombreuses parties du programme de TL et en particulier : 

Robert Gonsalves

Quelques textes philosophiques essentiels sur la notion de perception 


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