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Français

L'Orthographe au CE2

Pourquoi l’étude de l’orthographe occupe-t-elle tant de place dans le programme du français au primaire et au collège ? Pourquoi y a-t-il tant de règles à appliquer ? Et d’abord, à quoi ça sert l’orthographe ?

A quoi ça sert l’orthographe ?

S’en raigle d’hortografe, ile è plu diphyssile deux ce fère comprendre.

Si à l’oral, ce message peut aisément être compris, à l’écrit, il n’en sera pas de même !

Les règles d’orthographe qui régissent la langue française définissent un code, respecté par tous, qui permet de se faire comprendre.

Une fois que les élèves ont compris cette nécessité d’un code commun et donc l’utilité d’en connaître les règles, une question demeure : pourquoi ces règles sont-elles si nombreuses et si compliquées ?

La langue française est un héritage du grec et surtout du latin. Malheureusement, à la différence d’autres langues héritées du latin, comme l’espagnol, la langue française n’est pas une langue « transparente ».

Qu'est-ce qu'une langue transparente ?

C’est une langue dans laquelle un son ne peut être écrit que d’une seule façon.

Exemple : le son « o » ne s’écrira qu’avec une seule écriture : « o ».

Notre alphabet compte 26 lettres, mais on dénombre 36 sons dans la langue française. Ce qui signifie que pour écrire un même son, il existe parfois plusieurs possibilités.

Prenons l’exemple du son « O », il possède différentes graphies : « o », « au », « eau », « aux », « eaux », « ô », « ot »…

C’est une langue dans laquelle tous les accords s’entendent à l’oral.

Exemple : « una chica » (= une fille) devient au pluriel en espagnol « dos chica». La marque du pluriel du nom, le « s », est prononcée. Aucun risque de l’oublier à l’écrit.

Dans la langue française, les accords ne s’entendent pas toujours, qu’il s’agisse des accords dans le groupe nominal (l’adjectif avec son nom) ou de l’accord du verbe avec son sujet.

Exemple : 

« La fille trouve un coquillage jaune sur la plage » devient au pluriel « Les filles trouvent des coquillages jaunes sur les plages ». Bon nombres d’accords ne sont pas perceptibles à l’oral et risquent d’être oubliés à l’écrit.

Combien de fois avons-nous entendu nos élèves réclamer une simplification de certaines règles, qui datent parfois de plusieurs siècles ?

Ces règles rectifiées ou simplifiées, seraient admises et acceptées par tous en vue de faire évoluer le code commun !

Les élèves sont en général stupéfaits d’apprendre que cette belle idée a déjà vu le jour, en 1990, sous la conduite de l’Académie Française et à la demande du gouvernement !

Le 6 décembre 1990, a en effet été publié au Journal Officiel, un document intitulé « Les rectifications de l’orthographe »(1) dans lequel étaient présentées les nouvelles normes officielles de l’orthographe française !

 

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L’objectif de ce texte était de « mettre fin à des hésitations, des incohérences impossibles à enseigner de façon méthodique (…) qui ne servent ni (…) la langue, ni les utilisateurs ».

Voici quelques exemples des principales rectifications proposées :

Je vous invite à lire ce document, signé par Maurice Druon, très accessible et fort détaillé, qui a su pointer avec intelligence certaines règles devenues compliquées ou obsolètes.

Ces rectifications de l’orthographe n’étaient pas obligatoires et la consigne à l’égard des enseignants était la plus grande des tolérances pour les deux orthographes possibles pour les mots concernés.

Malheureusement, cette simplification n’a été que peu appliquée dans les écoles françaises.

Pire, elle est aujourd’hui plutôt méconnue et du coup, certaines personnes se privent de l’appliquer, au risque de passer pour des « nuls en orthographe » !

En attendant, vingt-cinq ans plus tard, l’apprentissage des règles d’orthographe et les sacro-saintes dictées qui l’accompagnent sont donc toujours au programme. Certains d’entre vous en gardent peut-être d’atroces souvenirs, alors courage au moment de les revivre avec vos enfants…

Lors de ce préambule, rappelons aussi qu’il existe une certaine injustice avec l’orthographe. Certains enfants ont une orthographe naturelle (probablement due à une excellente mémoire visuelle) et pour d’autres, c’est plus compliqué. Ainsi, de grands lecteurs peuvent-ils accumuler les 0 en dictées. Soyez patients et encouragez-les.

Apprenez aussi à faire la différence dans leurs copies entre les fautes d’orthographes lexicales (il faut avoir rencontré le mot pour le mémoriser ; soyez donc indulgents pour ce type de fautes) et les fautes d’orthographes grammaticales (ce sont les règles à appliquer ; là, vous pouvez attendre de vos enfants un effort de concentration !).

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La dictée

Les élèves du cycle 3 doivent tous être exercés à la dictée, avec des longueurs de textes variables selon les niveaux mais au moins cinq lignes en CE2. 

Les compétences grapho-phoniques(= savoir orthographier chaque son)

En fin de CE2, les élèves savent associer un son à ses différentes « graphies ».

Ils savent aussi transformer le « n » en « m » lorsqu’il est placé devant un « m », « b » ou « p », et choisir la bonne consonne en fonction des voyelles placées avant ou après (exemples : « c/qu », « s/ss », « c/ç », « g/gu/ge »).

Ils savent également utiliser sans erreur les accents (« é », « è », « ê »).

L’orthographe grammaticale


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