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Philosophie

La Liberté

La liberté est une notion centrale du programme de philosophie en terminale, elle vient croiser de nombreuses autres questions et fait l'objet de beaucoup d'intérêt de la part des élèves. Elle convoque par ailleurs de nombreuses illustrations dans le domaine de la littérature, de l'art, de l'histoire, de la politique et même des sciences.

La notion de Liberté 

Voilà une notion qui suscite un vrai moment de réflexion philosophique en classe de terminale et qui fait appel à toutes les connaissances des élèves et à leur culture générale. 

Le thème étant très vaste et recouvrant un champ assez large de problématiques, on peut concentrer la réflexion autour d'un axe de questionnement principal :

De quelle liberté sommes-nous libres ?

En effet, si une certaine tradition philosophique fait de la liberté un absolu dont l'existence ne peut être remise en question, la réalité de notre liberté mérite d'être questionnée ainsi que ses conditions de possibilité et d'expression. Que signifie en effet être libre ? Comme l'écrit H. Arendt dans la Crise de la culture :

Soulever la question : qu'est-ce que la liberté ? semble une entreprise désespérée.

La liberté de l'homme est-elle absolue ? 

Liberté et spontanéité 

S'il fallait approcher l'expérience que l'homme peut faire de sa liberté, peut-être convient-il de la voir d'abord comme une forme de spontanéité, entendons par là l'absence d'obstacle physique d'une part, et l'absence de contrainte d'autre part.

En effet, je suis libre par exemple de sortir de la pièce si celle-ci n'est pas fermée ; et je suis libre d'aller où je veux si personne ne me le refuse ou ne m'oblige à aller là où je ne veux pas.

Ainsi, la liberté apparaît d'abord comme la possibilité d'agir, d'entreprendre quelque chose ou bien encore d'accomplir mon désir sans entrave.

Cette liberté, aussi nommée liberté d'indépendance, constitue-t-elle l'essence même de la liberté ?

En effet, si l'homme trouve son accomplissement dans la réalisation de certains désirs (voir la fiche sur le désir), la liberté consiste-t-elle à accomplir tous nos désirs ?

L'homme conduit par ses désirs peut en effet se transformer en esclave, esclave de lui-même, de ses appétits non réfléchis, de ses impulsions. N'y a- t-il pas en effet plus esclave que l'homme qui se croit libre et qui ignore qu'il est soumis à une forme de contrainte interne ?

Par ailleurs, suffit-il d'avoir la possibilité d'agir pour être libre ? N'y a-t-il de liberté que la liberté d'action ? 

Liberté et volonté 

Pour penser la liberté, et sa véritable origine, il faut donc passer du désir à la volonté : nous définirons alors la liberté comme la possibilité de faire ce que je veux ; la volonté apparaît alors comme le lieu d'où émerge pour l'homme la possibilité de faire des choix, de décider, de s'autodéterminer.

Le vrai problème de la liberté se situerait donc du côté de la volonté : l'homme est-il vraiment capable de vouloir, de choisir pour lui-même, d' être « cause » de ses actions ? 

Est-ce que je veux vraiment ce que je veux ?

La volonté se distingue en effet du désir en ce qu'elle suppose l'usage de la raison et de la réflexion, Aristote la nomme d'ailleurs « un désir intelligent » ; pour lui, c'est l'acte volontaire qui délimite le champ de la liberté humaine (Ethique, livre III) ; celle-ci obéit par conséquent à des degrés, car un acte peut être plus ou moins volontaire, la contrainte étant l'absence de liberté puisque j'agis sous une influence extérieure à moi ; je ne veux pas vraiment ce que je fais. 

Liberté et libre arbitre 

Cependant, la liberté humaine supporte-t-elle des degrés ? Peut-on être plus ou moins libre ?

On montre alors aux élèves que la liberté peut aussi être considérée comme un absolu, un pouvoir inaliénable que personne ne peut me retirer. L'on trouve déjà une ébauche de cette conception d'une liberté absolue dans la doctrine stoicienne, dans la mesure où rien d'extérieur à moi ne peut influencer ou affaiblir le pouvoir que j'ai d'assentir (accepter) ou non à certains événements par le jugement que je porte sur eux :

Est libre celui qui est comme il veut ; la volonté ne peut être vaincue que par elle-même, rien d'extérieur à la volonté ne eut l'entraver ou la léser. 

Epictète, Entretiens.

Cette idée d'une liberté absolue, intérieure à l'homme, a été progressivement intégrée dans la tradition philosophique occidentale sous la forme du libre-arbitre (voir le texte de Descartes plus bas).

La liberté ne serait rien d'autre que l'expression de l'autonomie de la volontécapable d'accepter ou de refuser ce que la raison lui présente. Le libre arbitre témoigne donc d'une volonté infinie, capable de se porter à tous les contraires, capable aussi de choisir autre chose que ce qui lui apparaît comme choix du meilleur, ou du plus raisonnable.

En ce sens, on peut dire que la liberté humaine, comme l'a montré Saint Augustin, peut conduire l'homme à se détourner du bien et à lui préférer parfois l'injustice, envers lui même et envers les autres. 

Liberté et transcendance 

La liberté humaine apparaît dès lors comme une réalité intérieure, inconditionnée, qui ne peut être diminuée ou empêchée par aucun élément extérieur.

La philosophie morale de Sartre (voir le texte plus bas) met particulièrement l'accent sur ce caractère inconditionné de la liberté, et sur le fait que l'homme est toujours en situation de choisir ; quand il ne choisit pas, il fait encore un choix : celui de ne pas choisir. Ainsi, l'homme est-il « sans excuse » , « condamné à être libre » selon des formules célèbres de JP Sartre. 

L'idée d'une liberté absolue est-elle tenable ? 

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