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Philosophie

L'interprétation

C'est une notion assez complexe à appréhender par des élèves de terminale, mais il n'est pas impossible d'en approcher la signification ! 

La notion d'interprétation s'inscrit dans une réflexion plus large sur la vérité et la façon dont l'esprit humain est capable d'établir certaines vérités dans des domaines de connaissance bien spécifiques. 

Qu'est-ce qu'interpréter ?

L'interprétation est une activité de l'esprit commune à tous les hommes et que nous pratiquons parfois sans nous en apercevoir.

On peut en effet montrer aisément que nous passons notre temps à interpréter :

Au sens large, l'interprétation peut être définie comme l'activité par laquelle nous donnons du sens aux phénomènes qui nous entourent et que nous percevons. Donner du sens à ces éléments implique alors de les considérer comme signes.

Force est de constater que l'homme est un être qui a besoin de donner du sens, ce qui explique une tendance presque spontanée à l'interprétation.

L'interprétation en philosophie

Chagall, Moïse recevant les tables de la loi, 1960.

Les légendes, les récits, les grands mythes sont autant de manières d'interpréter la réalité, en particulier certains phénomènes de la nature, afin de leur retirer leur étrangeté et de les rendre plus familiers.

Jusqu'à quel point peut-on se passer de sens dans les choses, jusqu'à quel point supporte-t-on de vivre dans un monde qui n'a pas de sens ? 

Nietzsche dans ses Fragments posthumes

Du point de vue étymologique, le mot latin « interpres » (qui a donné le mot interprète) nous donne des indications intéressantes : il désigne celui qui se situe entre deux éléments, une sorte de médiateur, celui qui explique.

Le mot herméneutique, qui désigne en grec l'art d'interpréter, fait référence au dieu Hermès, messager des dieux, celui qui sait et qui cache en même temps.

L'interprétation constitue donc un certain savoir qui consiste à faire parler des signes, à découvrir leur sens.

La clef des songes

Magritte, La clef des songes, 1935.

En quoi le savoir établi par interprétation a-t-il une originalité propre ? 

La première difficulté concerne la possibilité d'établir une interprétation qui échappe à l'arbitraire de la subjectivité.

Là où la démonstration opère de façon strictement rationnelle, objective et certaine, en mettant en œuvre les règles du raisonnement humain (voir la fiche sur la démonstration), l'interprétation semble être un mode plus « faible » d'établissement de la vérité.

En effet, comme il a été souligné plus haut, l'homme est en quête de sens. Mais une telle recherche peut aussi aboutir à des interprétations excessives et infondées.

Toutes les interprétations n'obéissent pas au même degré de rationalité et ne pourraient donc pas être mises sur le même plan : prédire l'issue d'une bataille comme dans certaines pratiques divinatoires en lisant dans les entrailles d'un animal ne relève pas du même registre interprétatif que le fait d'interpréter un texte poétique ou les comportements d'autrui en psychologie.

Certaines interprétations peuvent parfois relever d'une forme de superstition, en particulier quand il s'agit de donner du sens aux textes sacrés.

Pour éviter les interprétations arbitraires des textes sacrés et combattre la superstition, Spinoza propose la même méthode que celle qui consiste à comprendre la nature, une méthode fondée sur la raison qui consiste à interpréter le texte par le texte.

A quelles conditions peut-on tenir une interprétation pour rationnelle et lui accorder à ce titre une valeur de vérité ? 

Autrement dit, qu'est-ce qu'une bonne interprétation ? 

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