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Faire la paix: le Traité de Westphalie et l'action de l'ONU

Ce thème explore la relation étroite et paradoxale entre la guerre et la paix. Il démontre que la paix ne va pas de soi : elle se prépare, se construit et se maintient. Deux modèles sont proposés aux lycéens. 

L’histoire a montré que la paix n’était qu’un intermédiaire entre les temps de conflit, elle n'est pas l'état naturel des sociétés humaines : elle se construit, se négocie et se préserve. Pour étudier ce temps précieux, il faut distinguer les deux grandes modalités de construction de la paix : la paix par les traités, fondée sur la diplomatie interétatique, et la paix par la sécurité collective, reposant sur des institutions multilatérales. Ces deux approches sont au cœur de deux études de cas majeures du programme : la paix de Westphalie et l'action de l'ONU. 

Le modèle Westphalien: Faire la paix par les traités

Ce modèle est fondamental car il pose les bases des relations internationales modernes. Il naît d'un traumatisme européen profond et instaure des règles qui durent encore aujourd'hui.

Le point de départ : l'horreur de la Guerre de Trente Ans (1618-1648)

Pour comprendre ce traité, il faut comprendre la guerre qui l'a précédé. Déclenchée par la "Défenestration de Prague", c'est au départ une guerre de religion entre catholiques (les Habsbourg) et protestants. Elle se transforme très vite en un affrontement politique majeur impliquant presque toutes les puissances européennes (France, Suède, Espagne, etc.).

À retenir pour la copie : C'est une guerre d'une brutalité inouïe qui ravage les populations civiles (pillages de mercenaires, épidémies, famines), faisant perdre à certaines régions allemandes jusqu'à un tiers de leur population. C'est cette "guerre totale avant l'heure" qui rend indispensable l'invention d'une paix durable.

Les fondements du système "Westphalien"

Les négociations s'ouvrent dès 1644 dans deux villes de la région de Westphalie (actuelle Allemagne) : Osnabrück pour les questions protestantes et Münster pour les questions catholiques et franco-espagnoles. Ces pourparlers durent près de quatre ans et réunissent 194 entités politiques (États, principautés, villes libres). C'est le premier grand congrès diplomatique de l'histoire européenne, préfigurant les conférences multilatérales modernes

HGGSP Helst,_Peace_of_Münster

La France, représentée par le cardinal Mazarin via ses émissaires, cherche à affaiblir durablement les Habsbourg et à consolider ses frontières orientales. La Suède de Christine vise des territoires autour de la mer Baltique. Les princes allemands protestants défendent leur autonomie religieuse et politique face à l'Empereur. Les négociations révèlent la complexité des rapports de force et la nécessité de compromis multiples face aux désirs de chacun des acteurs

Les traités sont signés le 24 octobre 1648. Ils entérinent la liberté religieuse pour les luthériens et les calvinistes dans le Saint-Empire. La France obtient une grande partie de l'Alsace et des évêchés de Metz, Toul et Verdun. La Suède reçoit des territoires baltes et des compensations financières. L'Espagne reconnaît l'indépendance des Provinces-Unies (Pays-Bas). Surtout, les princes allemands obtiennent la pleine souveraineté sur leurs territoires.

La diplomatie multilatérale désigne la négociation entre plus de deux acteurs étatiques dans le cadre de conférences ou d'organisations. Le Congrès de Westphalie en constitue l'une des premières manifestations à grande échelle, annonçant les futures conférences de paix (Congrès de Vienne en 1815, Traité de Versailles en 1919, etc.).

Les limites de ce modèle

Le modèle de l'ONU:Faire la paix par la sécurité collective

Tirant les leçons de l'échec du système westphalien et des horreurs des deux guerres mondiales, la communauté internationale fonde l'ONU en 1945 pour « préserver les générations futures du fléau de la guerre ».

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