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CM2

L’enseignement moral et civique au CM2

L'enseignement moral et civique a pour objectif de transmettre les valeurs de la République comme le précise le Bulletin Officiel (BO). 

La loi pour la refondation de l’Ecole du 8 juillet 2013 a défini un nouveau programme d’enseignement moral et civique, qui annule et remplace le programme de 2008 de la matière anciennement appelée « instruction civique et morale ».

C’est ce nouveau texte qui est dorénavant appliqué dans tous les niveaux de l’école, depuis septembre 2015 - et c'est de ce texte que sont tirées les citations de cette fiche. 

Comme c'était déjà le cas pour l'ancienne matière, l’enseignement moral et civique doit avoir un créneau horaire spécial et inscrit à l’emploi du temps, et il ne doit pas se limiter à aborder les seules questions de la vie scolaire. 

Certes, l’élaboration des règles de vie dans la classe et l’école est un moment incontournable pour chaque début d’année. Mais le programme de cet enseignement est bien plus ambitieux: apprendre aux élèves à agir de façon civique et morale à l'école, et faire d'eux de futurs citoyens responsables et engagés dans la société.

Il n'est pas question d'imposer aux élèves des leçons de morale à l'ancienne ou des "modèles de comportement". 
L'enseignement moral et civique a pour but de développer leur esprit critique et leur conscience morale (le bien/le mal, le juste/l'injuste) grâce à l'acquisition d'une « culture morale et civique ».

Cette culture est fondée sur des valeurs, des savoirs et des pratiques :

Les 4 composantes de l'enseignement moral et civique

Tout au long du cycle 3, l'enseignement moral et civique s'articule autour de quatre domaines:

La grande nouveauté de ce programme est l'introduction de l'éducation à la sensibilité, qui aide les élèves à disposer du vocabulaire adapté pour exprimer leur émotion, leur enthousiasme, leur indignation, etc.

Comment s’enseigne cette discipline au CM2 ?

Aucune progression officielle détaillant les contenus et les démarches à mettre en place, n’est prévue dans les nouveaux programmes : c’est aux professeurs du cycle 3 de chaque école de les organiser selon « les fonctions de la situation et des besoins ».

Il n’est donc pas possible de déterminer quelles compétences seront étudiées spécifiquement en CM2. Ces choix se font école par école, cycle 3 par cycle 3, depuis la rentrée 2015.

Pour pratiquer un tel enseignement, il n’est pas question de grands cours magistraux, ou de se contenter de fichiers de travail proposant des synthèses sous forme d'exercices à trous. 

Les élèves doivent être au cœur des activités, par le biais de cas pratiques, dans le cadre de « discussion, argumentation, projets communs, mises en scène, jeux de rôles, expression artistique, etc. ». 

Ces situations concrètes peuvent être tirées de l’étude de textes littéraires (fables, récits ou romans présentant une problématique morale et qui justifient la mise en place d’un enseignement moral) ou d'oeuvres d'art.

Comme pour l’ensemble des matières du CM2, les programmes rappellent que l’enseignement moral et civique doit s’effectuer en lien avec les autres disciplines, notamment les programmes d’histoire, de géographie et de français.

Quant à l'évaluation, elle ne doit porter que sur les connaissances et les compétences mises en oeuvre dans des activités personnelles ou collectives et non sur le comportement des élèves.

Exemples de pratiques au CM2 

A partir de l’étude en histoire, de la Révolution française.

Comprendre les principes et les valeurs de la République française et des sociétés démocratiques, connaître les libertés et les droits fondamentaux.

Déclaration des droits de l'homme_EMC

A l'issue de l'étude de la révolution française, l’enseignant va tout naturellement proposer à sa classe une réflexion sur la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, comme le recommande le programme d’Enseignement moral et civique.

Les élèves sont ainsi amenés à lister les libertés et les droits nouveaux ainsi acquis : égalité des droits, liberté, résistance à l’oppression, libre communication des pensées et des opinions, etc.

Puis, on peut demander aux élèves de s’interroger sur les raisons du nouveau texte paru en 1948, la Déclaration Universelle des droits de l’homme, en les invitant par exemple à comparer les premiers articles de chaque déclaration : celle de 1789 stipule que les « hommes naissent (…) libres et égaux en droits » quand celle de 1948 parlent de « tous les êtres humains ». C’est l’occasion de réaliser que la déclaration de 1789 excluait les femmes et les esclaves.

Cette étude sera complétée au fur et à mesure de l’avancement du programme d’histoire du XIX° siècle par la conquête de libertés supplémentaires, individuelles ou collectives, de droits sociaux, etc. (par exemple : abolition de l’esclavage et suffrage universel masculin en 1848, liberté de presse en 1881, liberté syndicale en 1864, droit de vote des femmes en 1944, etc.).

En conclusion, les élèves prennent conscience que les principes et les valeurs qui fondent aujourd’hui la République française et les sociétés démocratiques, et qu'ils peuvent considérer à tort comme évidents, ont en réalité fait l’objet d’une conquête progressive au fil du temps.

Développer les aptitudes à la réflexion critique et au jugement moral, en confrontant ses jugements à ceux d’autrui dans une discussion ou un débat argumenté. 

Dans la continuité de l’étude de la conquête des libertés depuis 1789, l’enseignant peut proposer à des élèves de CM2 de discuter sur le thème de la liberté : « Est-on libre de tout faire et tout dire ? Pourquoi les libertés doivent-elles avoir des limites ? »

L’enjeu de cette discussion est de faire comprendre aux élèves qu’être libre, c’est pouvoir décider de ses choix sans contrainte mais que ma liberté connaît une limite : elle ne doit pas empêcher celle des autres.

Avant tout lancement du débat, l’enseignant doit s’assurer que les élèves en connaissant les règles.

Les règles du débat :

* Je ne prends la parole qu’en la demandant,
* Je questionne si je n’ai pas compris,
* J’écoute ce qui a déjà été dit et je prends la parole pour faire avancer le débat,
* J’exprime mon point de vue personnel (accord ou désaccord) en le justifiant (« je ne suis pas d’accord parce que / car… »).

Puis, il doit veiller à outiller ses élèves avec le lexique approprié pour pouvoir argumenter et interagir dans le débat.

Dans un débat, on doit toujours justifier l’idée ou l’opinion que l’on défend.
Pour cela, on s’appuie sur des explications ou des preuves (appelées arguments).
Ensuite, chaque argument doit être illustré par un exemple très réel ou concret.
Dans un débat, on doit interagir, c’est-à-dire réagir avec les autres. Pour cela, je peux exprimer mon accord et accepter l’idée avancée par autrui ou au contraire, la refuser et la contredire. 

Voici quelques verbes exprimant un jugement, une opinion : croire, penser, juger…
Des expressions pour exprimer son accord : je suis entièrement d’accord avec toi, j’approuve, ton idée m’a convaincu(e) et persuadée, ton argument est solideje reconnais que ce que tu dis est vrai…
Ou exprimer son désaccord : je ne suis pas d’accord avec toi, je m’oppose à ton idée, je désapprouve ton argument, je le refuse, je le rejette, je le conteste, je ne suis pas persuadée par ce que tu dis…
Les idées peuvent être amenées avec des nuances grâce à des petits mots comme : à mon avis, selon moi, de mon point de vue, je ne suis pas sûre que tu aies raison…

Avant le lancement du débat, l'enseignant aura veillé à faire écrire à chacun, ses arguments, illustrés par un ou deux exemples. A mesure que le débat avance, l'enseignant peut faire noter les arguments des autres élèves en vue d'établir collectivement une trace écrite de synthèse sur le thème suivant : "Les libertés doivent s’exercer dans le respect des autres".

S'engager et assumer des responsabilités dans l'école

Un autre débat peut être proposé aux sur le thème de la privation de la liberté au XXI° siècle, et plus particulièrement de la liberté d’expression dans 

Amnesty International

certains pays.

En les sensibilisant aux actions d’associations militantes comme Amnesty International ou Reporter sans frontière, les élèves sont témoins d’engagements forts dans la société et en comprennent le sens.

A leur tour, l’enseignant peut leur demander de s’engager par le biais de la réalisation d’affiches dénonçant la privation de la liberté d’expression et faisant appel à leurs émotions et à leur expression artistique.

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