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CE2

Exemple de pratique en enseignement moral et civique au CE2

Voici des exemples de pratiques qui peuvent être proposées en classe de CE2 pour vivre l'EMC. 

Apprendre à "identifier et exprimer en les régulant ses émotions et ses sentiments"

Histoires pressées

A partir de la lecture de nouvelles fantastiques, telles que La main de Bernard Friot (in  Encore des histoires pressées ).

Grâce à l'étude de ce texte, les élèves vont apprendre à mettre des mots sur le sentiment de la peur et deviendront ensuite capables, dans n'importe quel contexte, d'identifier ce sentiment, de l'exprimer et de réguler les émotions qui en découleront.

A la suite des terribles événements de Paris du 13 novembre 2015, savoir que ses élèves maîtrisent ce vocabulaire de la peur peut s'avérer être pour un enseignant, une ressource précieuse pour aborder avec plus de recul et de sérénité l'évocation de la situation.

Voici la présentation d'une séquence qu'un enseignant peut proposer à sa classe de CE2 :

La nouvelle de Bernard Friot est un court texte qui décrit la montée progressive de la peur chez une petite fille, alors qu'un soir, elle s’apprête à se coucher.
Dans le cadre familier de sa chambre, il lui semble soudain que la nuit prend vie, rampe, s’enroule autour de ses pieds avant de monter le long de ses jambes. Puis, elle a l’impression qu’une ombre dotée d’une main griffue cherche à lui serrer le cou.
Ce sont d'abord les sensations de l'héroïne, c’est-à-dire ce qu'elle ressent, ses impressions, qui sont décrites.

Puis, c'est le sentiment de peur lui-même qui est exprimé : il va de la simple panique jusqu'à l'épouvante, à mesure que les minutes s’écoulent. L’auteur ne se contente pas de dire que l'héroïne a peur, il exprime cette peur ainsi que les réactions physiques du corps : elle frissonne, elle est paralysée, elle a le souffle coupé, un froid de plomb se coule dans chaque pli de sa peau, etc

Grâce à ce texte, les élèves apprennent à distinguer une sensation (une impression perçue par les organes de sens) d’une émotion ou d’un sentiment (la réaction psychologique ou physique face à une situation anormale).

C'est également l'occasion pour l'enseignant de structurer le vocabulaire de ce sentiment de peur et de l'enrichir par la recherche de synonymes, classés par intensité : le trac, l’inquiétude, l’appréhension, l’émoi, la crainte, la panique, la frayeur, l’angoisse, la terreur, l’épouvante, l’effroi, etc.

Il peut être fait de même avec les synonymes du verbe « faire peur » ou "avoir peur" : inquiéter, affoler, paniquer, apeurer, angoisser, terrifier, terroriser, épouvanter, effrayer, pétrifier, tétaniser, etc.

Enfin, on peut proposer de recenser les manifestations physiques du corps lorsque la peur nous tient : avoir la gorge nouée, avoir le souffle coupé, avoir la chair de poule, avoir des sueurs froides/la tremblote, avoir le sang qui se fige, avoir les mains moites, transpirer, devenir blême/livide, etc.

L’objectif ici est de fournir aux élèves le vocabulaire le plus large et le précis possible, pour leur permettre d'exprimer les sentiments qu’ils éprouvent.

Pour compléter ce travail d'expression littéraire des sentiments, on peut proposer aux élèves de réemployer le vocabulaire appris en exprimant ce qu’ils ressentent face à une oeuvre d’art, telle que Le cri d’Edward Munch ou Le désespéré de Gustave Courbet, avant le passage à une réalisation individuelle.

Le cri de Munch

Le Désespéré de Gustave Courbet

C’est ainsi l’occasion d’apprendre à mieux se connaître et à connaître les autres, à travers l’expression juste de ses émotions et des émotions éprouvées par les autres.

S'initier à la discussion à visée philosophique

A partir de la lecture de la fable Le laboureur et ses fils de Jean de La Fontaine et de la Contrefable correspondante de Gudule ( Après vous, M. de La Fontaine... ).

Cette fable et sa contrefable permettent de proposer, une fois vérifiée la compréhension des deux textes, un débat sur le thème du travail et de l'effort, et de ce que l'on gagne à travailler : pour quoi ou pour qui travaille-t-on ? Que gagne-t-on à travailler ?

5-9-Le-laboureur-et-ses-enfants

Il est important d'expliquer aux élèves que lors d’une discussion, la première réaction consiste à exprimer ses sentiments (j'aime/je n'aime pas), mais qu'il est nécessaire ensuite de s'exprimer de manière responsable, en s'appuyant sur les valeurs qui permettent de bien vivre ensemble ; c'est ce qu'on appelle le jugement moral (c'est bien/ce n'est pas bien, c'est juste/c'est injuste).

Les étapes pour passer de l’expression des sentiments à l’expression d’un jugement moral sont les suivantes :

a) Je réagis à une situation avec mes sentiments,
b) Je pense par moi-même en tenant compte de l'avis des autres et en m'appuyant sur des valeurs collectives,
c) J’agis ou je m'engage.

Puis, il faut initier les élèves aux règles du débat :

* Je ne prends la parole qu’en la demandant,
* Je questionne si je n’ai pas compris,
* J’écoute ce qui a déjà été dit et je prends la parole pour faire avancer le débat,
* J’exprime mon point de vue personnel (accord ou désaccord) en le justifiant (« je ne suis pas d’accord parce que / car… »).

Et les outiller avec le lexique approprié pour pouvoir argumenter.

Dans un débat, on doit toujours justifier l’idée ou l’opinion que l’on défend.
Pour cela, on s’appuie sur des explications ou des preuves (appelées arguments).
Ensuite, chaque argument doit être illustré par un exemple très réel ou concret.
Dans un débat, on doit interagir, c’est-à-dire réagir avec les autres. Pour cela, je peux exprimer mon accord et accepter l’idée avancée par autrui ou au contraire, la refuser et la contredire. 

Voici quelques verbes exprimant un jugement, une opinion : croire, penser, juger…
Des expressions pour exprimer son accord : je suis entièrement d’accord avec toi, j’approuve, ton idée m’a convaincu(e) et persuadée, ton argument est solideje reconnais que ce que tu dis est vrai…
Ou exprimer son désaccord : je ne suis pas d’accord avec toi, je m’oppose à ton idée, je désapprouve ton argument, je le refuse, je le rejette, je le conteste, je ne suis pas persuadée par ce que tu dis…
Les idées peuvent être amenées avec des nuances grâce à des petits mots comme : à mon avis, selon moi, de mon point de vue, je ne suis pas sûre que tu aies raison…

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