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Histoire

L’historien et les mémoires de la Guerre d’Algérie

Cette étude de cas propose d’aborder l’histoire des mémoires de la Guerre d’Algérie et s'inscrit dans le thème "les mémoires : lectures historiques".  Le professeur choisit de traiter l’historien et les mémoires de la Seconde guerre mondiale ou l’historien et les mémoires de la guerre d’Algérie.

L'historien et les mémoires de la Guerre d'Algérie

Il est ici fondamental de bien faire la distinction entre les mémoires et le travail des historiens.

Les mémoires

Les mémoires peuvent se définir par l’ensemble des souvenirs d’un individu, d’une collectivité, de moments vécus ou appropriés par transmission, à l’école, par les médias, par les témoignages. La mémoire est donc une représentation du passé, d’un événement historique ; elle peut être mouvante et est subjective.

L'histoire

L’histoire est une discipline scientifique qui tente  de transmettre une vérité objective en préservant les principes de la contextualisation et non de ramener le passé vers le présent dans des objectifs moraux. 

Les mémoires de la Guerre d’Algérie sont plurielles, d’abord parce que de part et d’autre de la Méditerranée, les souvenirs de cette guerre ne sont pas entretenus de la même manière.

En France, progressivement, les différents acteurs, ont pu faire entendre leur voix, créant le débat voire la confrontation entre les différents groupes porteurs de mémoire.

En Algérie, la mémoire a été construite sur le principe de l’héroïsation des combattants de l’indépendance appartenant au Front de Libération National, mémoire qui perdure aujourd’hui.

Plusieurs étapes marquent la construction mémorielle et le travail des historiens.

Une mémoire refoulée 

En France jusque dans les années 90, on peut parler d’une mémoire refoulée.

L’historien Benjamin Stora a utilisé l’expression de « guerre ensevelie » pour qualifier la volonté de tourner la page de la guerre d’Algérie.

Pendant la guerre, l’Etat n’utilise d’ailleurs pas le terme de guerre, on préfère parler « d’opérations de police », puis « d’actions de maintien de l’ordre » et enfin « d’entreprises de pacification ». Après la guerre, on utilise fréquemment le terme « d’évènements ».

En 1968une loi d’amnistie interdit toute recherche de responsabilité des exactions commises lors du conflit, confirmant ainsi l’organisation de l’oubli.

Malgré la production de quelques œuvres cherchant à dénoncer les violences de guerre, et notamment la torture, il est difficile alors de parler librement de cette « guerre sans nom ».

Les historiens parviennent à publier, mais les sources sont rares : Pierre Vidal-Naquet publie un ouvrage sur l’usage de la torture, La torture dans la République (1972).

Des mémoires dissonantes 

Photo de Harki

D’autre part, les mémoires dissonantes et concurrentes tentent de s’exprimer :

Une mémoire unanimiste 

En Algérie, la mémoire est unanimiste, mais cette unanimité est imposée par l’Etat, gouverné par le FLN, qui qualifie le conflit de « guerre révolutionnaire » ou de « guerre de libération ».

L’idée véhiculé par les dirigeants algériens est celle d’un soulèvement national généralisé, aucune mémoire concurrente n’est alors admise.

Le massacre des harkis est passé sous silence, la guerre entre le FLN et le Mouvement National Algérien également (10 000 morts).

Le tournant des années 90

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